barre horizontale




12 mars 2015

Il pleuvait des oiseaux, conte à faire rêver les jeunes et vieux enfants

«Il pleuvait des oiseaux» est un conte philosophique.
 C’est une peinture de la liberté, une ode aux deuxièmes chances, aux deuxièmes vies.
 
photomontage © vivelaroseetlelilas

C’est une suite d’amitiés, celle de Tom et Charlie, des octogénaires qui n’ont plus beaucoup besoin de parler mais qui veulent encore vivre cabanes presque adossées, l’amitié qui les unissait à Ted, celle qui les rapproche de Steve, gardien d’hôtel fantoche, et  de Bruno, qui gère la plantation de cannabis qui les fait tous vivre.
C’est la légende vivante du même Ted, si tel est bien son nom, rescapé des grands feux qui ont anéanti des villages entiers de l’Ontario en 1916 et qui s'était retiré pour peindre.
C’est cette dame qui raconte qu’alors, au cœur de l’horreur de ces grands feux, il pleuvait des oiseaux.
C’est ce récit qui émeut jusqu’aux tréfonds d’elle-même Clara, une photographe mal dans son temps, dans son être, car ce livre, c’est aussi son histoire à elle : son travail de mémoire, son projet photographique, ses rencontres à l’ermitage vont la ramener au monde. Car c’est une histoire de paradoxes.
Et c’est aussi l’histoire de Marie-Desneige, de sa vie terrible de femme enfermée - et de sa délivrance des maisons de fous par son neveu Bruno qui vient la déposer auprès de Tom et Charlie.

C’est un roman original, poignant, une histoire improbable en fait - mais on a précisé qu’il s’agissait d’un conte. Jocelyne Saucier niche au plus profond du Canada des personnages à la fois très nord-américains - et tout à fait universels. En faisant revivre une catastrophe centenaire, l’auteure renvoie aux calamités actuelles. En évoquant la fin de vie, elle s’inscrit dans un débat à vif, en prenant partie en douceur.
Et pourtant, loin de laisser le lecteur étranglé par l’émotion, la romancière imagine une fin impromptue - improbable, comme l’histoire - mais on va préciser encore une fois qu’il s’agit d’un conte, une fin en forme de happy-end, en un conseil optimiste : «Le bonheur a besoin simplement qu’on y consente.»
La nature et l’art sont cependant des ingrédients indispensables.

«Il pleuvait des oiseaux» de Jocelyne Saucier - Folio 2015

6 commentaires :

  1. Le sujet ne me tente pas du tout mais j'aime beaucoup ton photomontage ! :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pr ce compliment :))
      Je craignais que ça ne soit très lourd mais non (si cela qui t'inquiète).

      Supprimer
  2. Voilà un roman qui fait du bien sans pour autant suinter de bons sentiments : une belle réussite !

    RépondreSupprimer
  3. Ce livre m'inspire beaucoup, merci pour cette belle inspiration !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout le plaisir et l'émotion étaient pour moi ^^ J'espère que tu apprécieras cette lecture si tu t'y plonges !

      Supprimer