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2 mars 2015

Un parfum d'herbe coupée de Nicolas Delesalle : instants d’enfance polaroïdés

C’est bien de cela qu’il s’agit : des instantanés qui remontent à la surface de l’eau vague des souvenirs. L’enfance revue au prisme d’un retour introspectif  - 40 ans, l’âge du bilan ?
 
photomontage © vivelaroseetlelilas

«Tu sais, Anna, je chevauche ma quarantième année et pour la première fois depuis que je suis né, j’ai la force de me retourner pour regarder le paysage.»

Souvenirs souvenirs donc, l’ouvrage tente de saisir ce passage de l’enfance à l’adolescence, au début de l’âge adulte, dans des rites de passage qui deviennent de plus en plus dilués, et dans une famille banalement heureuse.
On pourrait croire qu’on va un peu s’ennuyer dans ces brins d’herbe qui ne sont pas les nôtres, et après tout, ces réminiscences sont assez proches pour qu’elles évoquent à quelques détails près des choses vues ou vécues, non parées du voile romantique du passé lointain. Mais ce n’est pas le cas : Nicolas Delesalle prend soin de peaufiner ses réminiscences, de traiter en courts chapitres ces petits moments que sa mémoire a choisi de conserver.

Globalement donc, je me suis plutôt laissée porter par ce premier roman, par ces madeleines de garçon racontées, d’abord plutôt avec humour, et puis, le récit avançant, de façon finalement plus nostalgique, jusqu’aux premiers drames. L’enfance va partir, s’enfuir à jamais, les châteaux de sable n’auront plus la même importance et les pactes à propos des champignons laisseront place à d’autres, aux enjeux sans commune mesure.
«Maman prend alors mes mains dans les siennes.
Nous restons ainsi, un long moment, silencieux.
C’est beau comme une publicité pour de l’eau minérale.»
 
Avec cette nouvelle collection de «petits grands formats», Le Livre de poche tente un parti intéressant : Préludes publiera des inédits à des prix inférieurs à ceux des grands formats traditionnels. L’autre nouveauté de janvier, «Conception», ne m’intéresse guère : j’attends plutôt «Bons baisers de Téhéran» pour continuer ma découverte de ce label.

«Le parfum de l'herbe coupée» de Nicolas Delesalle - Préludes, Le Livre de poche 2015

2 commentaires :

  1. Mais où as-tu trouvé la petite figurine Esso ? Ce n'est pas du tout de ton époque!
    Dans les années 60, tout le monde collectionnait les porte-clés publicitaires et je me rappelle avoir passé beaucoup d'énergie à me procurer celui-ci. (la version" bonhomme" esso était plus facile à obtenir...). Souvenir, souvenir...
    Le livre est-il aussi nostalgique?

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    1. Ah ah, je suis démasquée ! C'est vrai que la figurine n'est pas contemporaine de la jeunesse du narrateur. Néanmoins, avec cette petite mascotte (dénichée dans un vide grenier !), je voulais faire écho aux longs voyages en voiture que le petit garçon appréciait. Effectivement, il y a une bonne dose de nostalgie dans ce livre, mais ce n'est pas pour autant le sentiment dominant. J'aurais pu parler à propos de ce roman de feel good book, mais j'essaie de limiter l'usage de l'expression ^^.

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