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4 mars 2015

Les Fifty shades of pink de Tatiana de Rosnay consignées dans son carnet rouge

Du cœur du cul de l’amour vache du sexe tarifié de l’amour inconditionnel et de l’amour fou, tout, tout, vous aurez tout dans le « carnet rouge » de Tatiana de Rosnay !
 
photomontage © vivelaroseetlelilas

Vous me connaissez. Les livres contemporains à gros tirages, il n’y en a guère ici. Ceux qui trustent les premières places, je trouve leur succès intéressant – mais d’un point de vue sociologique. On me dit élitiste parce que je n’ouvrirai jamais ni Marc Lévy, ni Guillaume Musso (voyons, je n’ai pas lu tout Balzac, alors !). Contaminées par cette crainte du best-seller flattant le lecteur dans le sens du poil (narration linéaire, actuelle, peu de vocabulaire et pas assez de grammaire), les œuvres situées un cran en dessous dans le palmarès de Livres Hebdo atteignent de ce fait rarement la caisse de mes librairies préférées.

Avec « Son carnet rouge », j’ai décidé de découvrir Tatiana de Rosnay. Il y avait eu tellement de bruit autour d’ « Elle s’appelait Sarah » qu’il me paraissait évident que je ne pouvais pas commencer par là. En plus, sur ce blog, je travaille l’actualité littéraire. Bref, sortie en poche de ce carnet rouge, qui promettait un peu de grivoiserie rose en ces temps de licence trop grise, allons-y gaiement.
Dans ce carnet un peu trop court (ça se lit en une heure de train, ces petites choses), l’auteure trifouille les sales secrets des couples infidèles d’aujourd’hui, de la chambre à coucher au Bois de Boulogne. Au menu : légitimes bafouées, maris trompés. Épouses qui choisissent de fermer les yeux. Conjointes déterminées à se venger. Maris, aussi, qui choisissent ce plat qui se mange froid. Il y a à croquer dans ce carnet !

Et je dois avouer que j’ai passé un bon moment (encore une fois, trop court). J’aime le genre de la nouvelle, qui ici est particulièrement adapté à ces miscellanées amoureuses : monologue, extrait de carnet intime, confessions, ces brefs récits disent l’amour – le désamour plutôt ; le désir aujourd’hui. Les nouvelles sont toutes précédées d’une exergue célèbre, qui donne le ton avant les premières lignes. Cela assouplit la lecture (encore ce regret de la brièveté du recueil). Celles que j’ai préférées ont un je-ne-sais-quoi de malice, on s’attend à la chute, et puis, d’une pirouette, Tatiana de Rosnay choisit une autre fin dans un clin d’œil.

Alors, évidemment, comme dans les films français, on est plutôt à Paris et chez les heureux du monde : les maris partent en WE coquin à l'hôtel et s’envoient en l’air surtout avec la fille au pair ; quelques nouvelles ont un goût de déjà-vu (ainsi ce « Toki-Baby », similaire au « Teddy bear » d’Eliette Abécassis dans le recueil « La malle »).

Une agréable lecture, pour conclure !

«Son carnet rouge» de Tatiana de Rosnay - Le Livre de poche 2015

4 commentaires :

  1. Ce que tu rapporte de ce livre me rappelle "Les corbeaux et les renardes ", un livre sur la désillusion amoureuse vue par un homme. Très intéressant! Bon week-end :)

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    1. Je note ce conseil de lecture, le roman a l'air effectivement bon :) Merci et bon WE à toi aussi !!

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  2. Je l'ai dans ma PAL mais je ne l'avais pas encore ouvert. Ton billet très réussi me donne envie d'y remédier.
    J'avais beaucoup aimé Boomerang de cet auteur. Et Elle s'appelait Sarah m'avait également intéressée.
    Il faudrait que je me procure aussi sa biographie sur Daphné du Maurier. Elle a l'air très intéressante.

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    1. Merci :) Effectivement la bio de Daphné du Maurier est tentante, même s'il y en a eu d'autres. Je la lirai prochainement ! Enfin, sûrement après toi, j'ai beaucoup de retard dans ma PAL ;)

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