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12 avril 2015

Un cœur bien accordé : la maison de thé de Jan-Philipp Sendker rouvre !

Après un demi-siècle de régime militaire (jusqu’en 2011), les affrontements entre ethnies n’ont jamais cessé au Myanmar. L’ancienne Birmanie est donc à feu et à sang depuis son indépendance. Derrière le calme apparent des temples sublimes du pays, et de la couverture d’ «Un cœur bien accordé», c’est une toute autre réalité que la survie de ses habitants. Une existence souvent envahie par des bottes noires qui font luire la peur dans les yeux de ceux qui les croisent…
 
photomontage © vivelaroseetlelilas
 
Ces bottes noires, l’héroïne du roman, l’avocate américaine Julia entend une voix lui en parler un jour. Car Julia se met à entendre des voix, ce qui angoisse terriblement cette spécialiste en copyright très rationnelle. Pour faire cesser la voix apeurée, qui la harcèle et dont ne peuvent la guérir les psychotropes, Julia décide de partir à sa recherche au Myanmar : puisque ni les médicaments, ni la méditation en compagnie de sa meilleure amie ne peuvent lui venir en aide, alors elle se doit de quitter Manhattan...

Dans ce pays lointain qu'est la Birmanie, où les cartes du visible et de l'invisible sont constamment rebattues, Julia retrouve son demi-frère, U Ba, qu’elle avait perdu de vue. Il l’aide à découvrir la voix égarée par la douleur, qui est facilement identifiable. Il s’agit de celle de Nu Nu, dont elle va découvrir l’histoire tragique : les causes de sa douleur, le regret de son fils.

Avec «Un cœur bien accordé», j’ai découvert un livre doux et rugueux, qui aborde de nombreux thèmes : le bouddhisme et la spiritualité ; la vie quotidienne sous une dictature militaire : l’horreur de l’enrôlement des civils, les traumatismes de guerre. Mais «Un cœur bien accordé» évoque aussi les liens familiaux les plus tendres et la force des rencontres.
J’ai particulièrement aimé le récit quasi onirique à propos de Nu Nu, la belle jeune fille qui n’aurait voulu qu’un enfant, et le fait que cette partie du livre relève du conte. De ce point de vue d’ailleurs, les récits enchâssés m’ont fait songer au «Pays sous le ciel», qui comprend de nombreuses histoires dans l’histoire, et qui fait aussi évoluer une Occidentale dans un environnement légendaire qui la trouble sans cesse.

«Un cœur bien accordé» poursuit «L’art d’écouter les battements de cœur» : je ne le savais pas avant ma lecture, et cela ne l’a pas affectée. Néanmoins, pour poursuivre le voyage initiatique, je songe à retourner au début du chemin tracé par Jan-Philipp Sendker !
Et vous, avez-vous déjà eu l'occasion de lire cet auteur ?

4 commentaires :

  1. Ce livre à l'air très intéressant. J'ai déjà lu un livre ayant pour contexte la Birmanie ("Birmane" de Christophe Ono-dit-Biot) et j'avais beaucoup aimé.

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    1. Ah, il faut que je le lise alors ! J'ai été bousculée par ce livre, je ne savais pas comment en parler : comme la narratrice, j'ai été souvent désarçonnée et victime de mes préjugés ;)

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  2. Un roman qui a l'air intéressant en effet, pourquoi pas ?

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    1. Pas seulement intéressant ! Il m'a vraiment déconcertée, en jouant sur des registres et des styles différents.

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