barre horizontale




6 juillet 2015

Le club des pauvres types : cherchons les hommes avec Jonathan Curiel

« Le club des pauvres types » commence avec une épreuve terrible : l’emménagement à deux. Le début de la fin. Le début de la fin de quoi ? Mais de l’indépendance de l’homme, de Paul ci-après nommé. Paul est désormais, officiellement, le concubin de Claire. Enfer et damnation de la tradition, Paul est désormais coincé dans un vrai couple. Quasiment marié, en somme.

photomontage © vivelaroseetlelilas

Peu de temps après « Les crevettes ont le cœur dans latête », quoi de mieux que le pendant masculin d’un tel roman ? Et voilà le livre de Jonathan Curiel, qui épingle les travers des trentenaires de façon tout aussi amusante que Marion Michau – mais, évidemment, avec un tout autre genre d’écriture, et des plaisanteries tournées, forcément, en miroir de celles de la chroniqueuse de Voici (plus LCP que Grazia).

Paul et Claire se sont donc rencontrés une première fois à Madrid, un ami commun, ambiance auberge espagnole. Se sont perdus de vus. Un jour, retrouvés. Et voilà que désormais, ils habitent ensemble, bien qu’à peu près tout les oppose - la liste, qui court de la page 42 à la page 43, comprend notamment ces précisions : « Elle est aventurière, je suis prudent. Elle filtre les appels, je réponds. Elle mange beaucoup, je mange un peu moins. (…) Elle a besoin de bouger, j’ai besoin de traîner. »
On frôlerait « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus » dans cette énumération, mais heureusement, l’autodérision qui parcourt le récit vient rapidement à la rescousse : Paul est simplement un produit de son temps, un jeune cadre dynamique pas macho – juste égoïste. Alors qu’il fait l’épreuve de rites d’initiation terribles tels que les vraies courses de produits frais ou les achats chez Ikea en compagnie de ses futurs beaux-parents, l’angoisse surgit.

Mais survient, dans des circonstances hilarantes, une soudaine solidarité entre les conjoints des copines de Claire, et la création du « club des pauvres types ». L’un d’entre eux prend les choses en main et impose l’utilisation d’un « kit de virilité », destiné à réveiller la testostérone endormie chez les membres de la confrérie…

« Nous avons mis sur pied, sans trop en avoir conscience, une structure simple, légère mais efficace pour le pilotage de nos couples respectifs. Bien sûr, il nous faudra éviter la bureaucratie, l’enlisement des procédures et la paperasse inutile. »

L’humour caustique de Jonathan Curiel est véritablement amusant. Cohabitation (« anatomie de la vie à deux »), amours au travail, relations sexuelles organisées par les apps de rencontre, description de l’EVG (Enterrement de Vie de Garçon) traditionnel, bien des aspects de la vie de ces « hommes en perte de repères » sont passés au crible d’une fiction qui sonne très juste sociologiquement.

2 commentaires :

  1. Pas mal ! Je n'en avais pas entendu parler mais il me tente bien du coup !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a des redites mais honnêtement c'est un excellent roman de plage ! Bonne lecture :)

      Supprimer